11 mars 2007

II] L'HOMME D'AFFAIRES

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Dans un grand mélange des genres, Andy Warhol fit de son œuvre et de son nom un argument publicitaire au service de produits dont il devait faire la promotion. Dès le début : après une école de graphisme à Pittsburgh de 1945 à 1949, Andy monte à New York et convainc la jeune directrice de Glamour de donner sa chance à « ce garçon manquant d’assurance presque au point de s’effacer » mais qui se dit capable à vingt ans de dessiner n’importe quoi. Il enchaîne alors les magazines féminins Vogue, Harper’s Bazaar, Mademoiselle. Sa première création est une campagne de publicité pour les chaussures I. Miller en 1955. Couronné à plusieurs reprises, gagnant jusqu’à 100 000 dollars par an, il est en 1956 l’un des illustrateurs les plus recherchés de la capitale.

Fin 1959, il se lance dans la peinture et y intègre très vite des objets de consommation et leurs logos publicitaires. De là vient aussi le caractère fondamental du pop art, entre regard ironique sur la société de consommation et plan média de l’Amérique.

Comme tout bon peintre-consommateur, Warhol affirmera dans une interview pour Artnews que « tous les Coca sont pareils et tous les Coca sont bons ».

Dans les années 80, Warhol se transforme lui-même en argument publicitaire : TDK, Coca light, les lunettes Eyeworks communiqueront alors son nom, son œuvre, sa personne et son look. Il entre même à l’agence Ford, qui le représente pour ses contrats de « mannequin ». Il n’est pas le seul (Dali l’a déjà fait pour les chocolats Lanvin), mais pousse plus loin la logique en transformant son nom en véritable marque. Andy Warhol dit se moquer royalement d’être ou non un artiste.

« Crois tu qu’il y ait de grands artistes qui restent méconnus? » lui demande le critique Glenn O’Brien dans Interview. La réponse de Warhol fut : « Ouh ! Ouais, il y en a. Mais le plus important c’est de faire du fric. »

Posté par andywarhol à 15:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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